Bilan 2006 : Agouim

La coopérative féminine
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A- Une réunion sur place le 24 septembre 2006 avec le Père Joguet, les femmes du Bureau de la Coopérative, Marie-Aude et son mari Bilal, Brahim Gouabli, Christine Fouquet et Léonce, pleine de promesses :

Coté commercialisation

– Marie-Aude a ramené d’Allemagne des modèles qui se vendent bien là-bas, elle demande d’en produire dés maintenant pour qu’elle les emporte en Allemagne . S’ils plaisent, elle passe des commandes et envoie des acomptes pour l’achat des matières premières pour les grosses quantités.

-Précision importante ; il faut respecter forme, couleurs, dimensions ….sous peine de se voir refuser les « copies » comme chez le bazariste de Ouazazate que Billal avait présenté à la Présidente en avril.

-Marie-Aude a déjà fait paraître dans un journal touristique l’existence de la coopérative d’Agouim et ses productions en préconisant aux organisateurs de circuits de s’arrêter à Agouim. Des contacts sont en cours pour la parution dans un second journal.

-Marie-Aude a créé un site Internet remarquable qui a reçu 17000 visites le mois dernier !. Elle y a installé gratuitement la coopérative d’Agouim, son histoire, sa composition, son fonctionnement et ses différentes productions avec les prix correspondants. Pour en savoir plus,cliquez dès maintenant ici

-Pour résoudre les problèmes de transport et dédouanement, Marie-Aude propose d’utiliser son entreprise existante.

-Au Maroc le Père Joguet maintient les contacts avec les associations de Rabat et Casa qui organisaient chaque année des « ventes de charité » avec les productions d’Agouim.

-Christine gère un petit stock chez elle, à Dury à coté d’Amiens, en faisant une pub dans le bulletin municipal.

Coté gestion

Brahim par sa disponibilité, son contact chaleureux, ses traductions et explications dans le dialecte du douar a su se faire apprécier par tous. Les femmes du Bureau souhaitent qu’il les aide à mieux comprendre les rouages d’une entreprise, à valoriser les moyens de production, notamment l’ordonnancement et le lancement des commandes; à répartir équitablement les marges, à assurer la transparence des comptes, bref à bien gérer la coopérative. Mais il n’est pas simple de quitter le statut de salarié percevant chaque mois un salaire fixe pour devenir son propre employeur devant produire et générer des ressources équivalentes.

Cette entreprise comprend plus de 200 femmes « coopérantes » ayant payé un droit d’entrée de 100 dirhams et 70 femmes qui travaillent chez elles de façon continue.

Fort de son expérience dans d’autres associations et projets similaires, Brahim veut bien se lancer dès maintenant dans l’aventure, avec l’accord unanime des partenaires présents.

L’avenir du Centre de formation couture-broderie-tissage : le Nadi

Il y avait encore en 2005 27 apprenties pour 6 formatrices  » rémunérées « , en 2006 : 7 seulement, avec toujours le même nombre de formatrices . Parce qu’un excellent collège vient de s’ouvrir et draine maintenant les filles. Il ne faut pas le regretter d’autant que les femmes pensent que ces jeunes filles reviendront au Nadi après un temps de collège, pour y apprendre un métier.

Faut-il poursuivre ?
Oui répondent les femmes du Bureau sinon c’est l’appauvrissement de nos ouvrières en qualité et en quantité car les jeunes filles qui se marient ont des enfants et se voient obligées d’abandonner leur travail de broderie et les autres vieillissent.

Comment poursuivre ?
Bien séparer dans le travail des animatrices les temps consacrés à la préparation des commandes, l’approvisionnement des matières premières, les achats, la répartition du travail aux ouvrières, le contrôle qualité, la fixation des prix de ventes… Et le temps consacré à la formation des apprenties.

Avec ces données une décision sera plus facile à prendre en fin d’année

Coté bâtiments

Le Père Joguet a déjà établi un bail de 3 ans renouvelable pour les ateliers menuiserie, il consent à faire un contrat similaire pour les bâtiments utilisés par la coopérative et le Nadi.

Il travaille avec un architecte à la restauration des bâtiments et la réfection des toitures est terminée.

En conclusion : Le Père Joguet apprécie la qualité des propositions avancées lors de cette réunion et voudrait qu’elles soient expérimentées et chiffrées durant les mois qui viennent afin de pouvoir les présenter valablement à l’Assemblée générale qui a eu lieu le 25 janvier 2007.

Il souhaite également que s’il y avait des économies à réaliser ou des façons de faire à remettre en cause, elles le soient dans le cadre amiable, évitant tout conflit. Fidèle en cela à la devise qui a toujours animé cette communauté : « éviter les disputes et faire régner la Paix ».

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B – C’est dans cet esprit que l’AG du 25 janvier 2007 s’est déroulée en présence :
-Des Autorités locales : les Délégués Provinciaux de l’Artisanat, de l’Entr’Aide nationale, le Caïd d’Igrhem, le Président de la Chambre syndicale des artisans, le Principal du Collége et le Directeur de l’Ecole centrale d’Agouim, l’expert comptable Mr Reddouane.
-Des femmes de la coopérative au nombre de 62 présentes + d’autres représentées par des pouvoirs.
-Assistaient également des invités extérieurs qui ont été mandés par le Bureau de la coopérative pour suivre les débats sans y prendre part : Christine Fouquet, alliée de l’ancien Père Franciscain d’Agouim qui venait aider comme infirmière la soeur franciscaine au dispensaire du Centre.
-Et Léonce Vilbert, président de MCA , ONG qui oeuvre au Maroc depuis 10 ans.

Après la présentation du bilan financier les propositions suivantes furent soumises au vote et acceptées :

1-la coopérative ne peut plus supporter les charges fixes représentées par les salaires payés aux 5 monitrices et au secrétaire Mr Gourki et au commercial Mr Elkous.

2-seulement 4 femmes dont Fatima Baallah, Rkia Daala la Présidente, Fatima Mazouz et Ijja Otavont continuer à préparer les commandes, encadrer les  » productrices « , assurer le contrôle qualité et fixer les prix de revient et de vente. Elles seront pour cela rétribuées sur la base de 14 % du coût de la main d’oeuvre de production.

3-afin de faciliter l’écoulement d’un stock trop important (plus de 2 années de production), des ventes promotionnelles seront faites avec une remise de 30 % sur les prix affichés

Cette commercialisation pourra s’appuyer sur 3 points forts :
– les ventes organisées sur Casa-Rabat par l’Eglise du Maroc.
– le très beau site Internet réalisé par Marie-Aude . Une copie a été remise aux femmes qui remercient chaleureusement Marie-Aude.
– Les commandes passées directement par les touristes avertis, car il ne faut compter sur un arrêt des cars ou 4 x 4 primo le magasin d’accueil et d’exposition est trop petit, secundo la coopérative se refuse au jeu des importants bakchichs remis aux voyagistes.

Ces décisions allégent les charges de la coopérative et devraient permettre un redémarrage mais restent en suspend :
– la mise en place d’une véritable directrice de coopérative.
– la poursuite de la formation avec une animatrice.

Après la réunion, des contacts ont été pris avec la Délégation de l’Education Nationale pour trouver une institutrice ayant le profil et la pointure pour assurer la direction. Elle resterait sous contrat EN à l’école d’Agouim, avec un horaire allégé lui permettant de consacrer davantage de temps à sa nouvelle fonction et serait rémunérée intégralement par l’Education Nationale. Une fois le redémarrage assuré et sur la marge brute dégagée, une rétribution complémentaire pourra lui être consentie, en accord avec le Bureau, la Délégation et l’expert comptable. Une convention serait établie sur le modèle de celle du Haouz.

Coté formation, la Délégation de l’Entr’aide nationale propose un poste de formatrice rémunéré par ses services et par la Commune.

Actions en faveur de l’Environnement
Arrivé à Ouarzazate, Léonce fût chaleureusement accueilli par Monsieur le Gouverneur Ichennaren avec lequel il avait travaillé dans son ancienne Province d’Al Haouz. Et pourquoi ne pas reproduire ici les actions qui ont bien marché là-bas ?

Rendez-vous furent pris avec les principales Délégations provinciales, échanges fructueux et voici un projet réalisable à très court terme .

Il s’agit de sensibiliser les écoliers et collégiens,et leurs parents, à l’impérieuse nécessité de reboiser, protéger l’environnement et économiser l’eau.

-le chantier au dessus des écoles d’Agouim, sur le versant Ouest, des centaines d’hectares ont été aménagés il y a une vingtaine d’années, en vue de recevoir des plantations. Des kilomètres de banquette -perpendiculaires à la ligne de pente- ont été installés, des trous de plantation creusés et de la terre végétale apportée. Des cyprès de l’Arizona et des pins d’Alep ont été plantés. Il en reste moins de 5%, et certains ont plus de 3 mètres de haut. La sécheresse n’est pas la cause essentielle des 95 % de mortalité.

=>Les conclusions à tirer :
Le travail dur et pénible est réalisé et les trous attendent de nouveaux arbres ; et pourquoi cette fois, ne pas les replanter en association avec de la lavande, du thym et des champignons mycorhiziens, plantes support indispensables à une bonne réimplantation, d’après les récents travaux de l’Université Caddi Ayyad et de la DREF de Marrakech. Voici un champ d’expérimentation tout prêt pour vérifier cette thèse

Si la terre est prête, les mentalités ne le sont pas encore. Il faut sensibiliser les jeunes. Le Principal du Collège et le Directeur de l’Ecole en sont déjà convaincus. Ils l’ont prouvé en plantant à l’intérieur de leur établissement allant jusqu’à y créer une mini-pépinière pour produire de jeunes plants. Ils veulent aussi associer les parents à ce vaste chantier de réhabilitation de la forêt que les chèvres devront respecter…..Un film existe pour montrer la voie, c’est  » l’homme qui plantait des arbres  » d’après une nouvelle de Giono.

Le Chef du Service Provincial des Eaux et Forêts de Ouarzazate est enthousiaste et participe en fournissant gratuitement les jeunes plants et surtout en intervenant sur le terrain pour expliquer, conseiller, faire assurer le suivi afin que ces nouvelles plantations reprennent vie à 95 %. Cette sensibilisation des écoliers s’inscrit d’ailleurs dans le cadre d’une convention passée avec l’Education nationale

De son coté MCA qui a très peu de moyens financiers, va jouer à fond son rôle de catalyseur en intervenant auprès d’associations amies ( Berbereiki, Arborea ..). Plus riche en moyens humains MCA recrute des Ei élèves-ingénieurs en stage long (6 mois), comme à Imlil et à l’autre bout de la carrière professionnelle récupère des Jr » jeunes retraités  » encore pleins de dynamisme et d’expérience. C’est un gâchis monstre de laisser inemployés ces gisements de savoir faire qui sont jugés obsolètes par la Société occidentale mais qui collent tout à fait au développement rural d’un pays comme le Maroc

C’est pourquoi nous proposons à Monsieur le Gouverneur Ichenarrn l’intervention de deux Jr : Michel Jumel et Jean-Pierre Leboucher qui ont oeuvré à Imlil en 2006 et une Ei: Mélodie Landrot pour réaliser le programme 2008